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Pâques

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Pâques
La Résurrection de Jésus-Christ par Altdorfer.
La Résurrection de Jésus-Christ par Altdorfer.

Observé par Chrétiens
Signification Commémoration de la résurrection de Jésus-Christ
Date 2020 12 avril
Date 2021 4 avril (catholiques)
2 mai (orthodoxes)
Date 2022 17 avril
Célébrations Veillée pascale
Observances Messe, communion, prières
Lié à Calendrier chrétien

Pâques est la fête la plus importante du christianisme[1]. Elle commémore la résurrection de Jésus, que le Nouveau Testament situe le surlendemain de la Passion, c'est-à-dire « le troisième jour ». La solennité, précédée par la Semaine sainte, dernière partie du carême, commence dans la nuit précédent le dimanche de Pâques, par la veillée pascale.

La date de Pâques est fixée au premier dimanche après la première pleine lune qui suit le , donc au plus tôt le , si la pleine lune tombe le soir du 21, et au plus tard le . Il ne s'agit pas de la lune observée, mais d'une lune dite ecclésiastique, méthode de calcul traditionnelle approchée. Les Églises occidentales, ayant adopté à la fois la réforme grégorienne du calendrier et une correction concomitante pour le cycle lunaire, ont souvent un jour de célébration différent de celui des Églises orthodoxes, le décalage pouvant être de 0, 1 ou 5 semaines, selon les années (exceptionnellement 4, si la lune est nouvelle à Rome, mais pas à Constantinople).

Certaines Églises chrétiennes choisissent de pratiquer la Pâque quartodécimaine en concordance avec la Pâque juive.

Origines

Traditions antiques

De tout temps et dans de nombreuses cultures païennes, au printemps, on fête la lumière, la renaissance de la nature après les longs mois d'hiver, ce qui est parfois symbolisé par le retour ou le réveil d'une divinité[2]. Au Proche-Orient, comme leurs ancêtres cananéens, les Hébreux et leurs voisins babyloniens, mésopotamiens offrent à leurs dieux les prémices de leur moisson[3].

Dans l'Europe occidentale de l'Antiquité, les cultes d'origine gréco-romaines se superposent aux croyances celtiques autour de la résurrection de la nature après l'hiver et l’équinoxe.

En 725 en Grande-Bretagne, Bède le Vénérable mentionne la déesse Éostre qui symbolise le renouveau et annonce le printemps. Des rites étaient célébrés en son honneur à ce moment de l'année. Les noms anglais et allemand de Pâques, Easter et Ostern auraient dérivé de son nom, qui comme « aurore » signifie « qui se lève à l'est »[3].

Étymologie et racines juives

Le substantif « Pâques » est — comme le féminin[4],[5],[6] singulier « Pâque » — un emprunt[4] au latin[4] chrétien[5],[6] Pascha, un substantif neutre[6] pluriel[N 1] traité comme un féminin[6] singulier[N 1]. Le latin Pascha est lui-même emprunté au grec[6] Πάσχα / Páskha et celui-ci — par l'intermédiaire de l'araméen pasḥa,[5],[6] — à l'hébreu biblique[4],[5],[6] pesaḥ qui serait dérivé[5],[N 2] du verbe pasaḣ qui signifie « passer devant, épargner »[5],[6] car, selon la Bible[8], les Israélites avaient reçu l'ordre de sacrifier un agneau indemne de toute tare et d'en badigeonner le sang sur les montants des portes afin que les puissances qui viendraient détruire les premiers nés égyptiens lors de la dixième plaie, passent au-dessus de ces portes sans s'arrêter[9]. Chaque année les juifs commémorent cet événement lors de la fête de Pessa'h. La Passion du Christ s'étant déroulée, selon les évangiles, durant ces célébrations, le christianisme a investi cette fête et sa symbolique, le Christ devenant l'agneau immolé pour sauver l'humanité de ses péchés[10].

Le pluriel de Pâques ne fait pas référence à une pluralité de dates. La langue française distingue en effet la Pâque juive (ou Pessa'h) et la fête chrétienne de Pâques. La première commémore la sortie d'Égypte et la liberté retrouvée des enfants d'Israël. La fête chrétienne est multiple. Elle commémore à la fois la dernière Cène instituant l'eucharistie, la Passion du Christ et sa résurrection. C'est seulement après le XVe siècle que la distinction sémantique a été marquée par la graphie entre Pasque (ou Pâque) désignant la fête juive et Pasques (ou Pâques) désignant la fête chrétienne[11].

Christianisme

Image de la Résurrection du Christ par Dieric Bouts.

La résurrection du Christ

Pâques est la première fête célébrée dans les calendriers liturgiques chrétiens ; elle est attestée dès le IIe siècle. Elle commémore la dernière Cène, la Passion et la résurrection du Christ[12], événements dont les évangiles synoptiques situent le déroulement lors des festivités de la Pâque juive à Jérusalem, un vendredi 15 nissan du calendrier hébraïque, alors que l'évangile attribué à Jean situe la crucifixion de Jésus un vendredi 14 nissan. La fête de Pâques était célébrée de façon diverse par les églises chrétiennes primitives. Certaines des premières Églises continuaient à célébrer la Cène le jour de la Pâque juive, en particulier les Églises syriaques attachées à la tradition johannique qui identifiait le sacrifice du Christ à l'offrande pascale[13]. D'autres, telles l’Église de Rome, fêtaient Pâques le dimanche suivant la Pâque juive, mettant ainsi l'accent sur la résurrection au lendemain du shabbat[14]. En 387, Épiphane de Salamine témoigne de « l'existence de deux groupes qui fêtaient Pâques à date fixe : d'un côté ceux qui suivent les « mythes juifs », de l'autre un groupe qui, fixé en Cappadoce, célèbrent Pâques le 8 des calendes d'avril (25 mars). » Il précise que ces gens prétendaient avoir trouvé la date exacte de la crucifixion de Jésus dans des sources chrétiennes. Toutefois, Épiphane n'admet pas cette date et indique que d'autres versions donnent le 15 des calendes d'avril () ou le 10 de ces calendes (). Il ajoute que d'après ses calculs, il s'agit du 13 des calendes d'avril ()[15].

Théologie

Dans la Dogmatique de Karl Barth, Pâques appartient à une parousie en trois temps[16]. Karl Barth distingue ces trois moments : la première figure de la parousie est pour lui l'« événement pascal », autrement dit la Résurrection de Jésus ; la deuxième, ou « figure médiane », est le « don de l'Esprit saint » lors de la Pentecôte, l'effusion de l'Esprit à l'Église ; la troisième, la « dernière figure », est le seconde venue du Christ, c'est-à-dire la parousie au sens strict, qui signifie l'« arrivée de Jésus-Christ en tant que finalité de l'histoire de l'Église, du monde et de chaque homme »[17]. Cette triple manifestation divine ne doit pas être décomposée en trois événements distincts ; elle doit au contraire être appréhendée dans son unité[18].

Célébrations religieuses

Église catholique

Procession du vendredi d'après Pâques à Santa Ana de Guanajuato, Mexique. Avril 2015.

Pâques (aussi appelé le dimanche de Pâques) est la solennité la plus importante (juste devant Noël) de l'Église catholique, c'est-à-dire qu’il était traditionnellement obligatoire de chômer, d'assister à la messe et d'y communier après s'être confessé (« faire ses Pâques »). Elle est la première des cinq fêtes cardinales de l'année liturgique catholique.

La liturgie spécifique à Pâques commence par la vigile pascale, célébration aussi respectée par certains anglicans et luthériens. Souvent, la vigile pascale est l'occasion, pour les croyants, de recevoir le sacrement du baptême ou de la confirmation. La nuit du matin du dimanche de Pâques se font donc l'allumage du feu nouveau du cierge pascal, la bénédiction des fonts baptismaux, la lecture des prophéties et le chant des litanies des saints. Normalement, Pâques est le jour de l'année que choisissent les fidèles qui ne vont à la messe qu'une fois par an pour communier (d'où l'expression « faire ses Pâques »), ce qui leur impose d'aller se confesser au préalable. Depuis le Jeudi saint, il n'y a pas eu d'Eucharistie, seulement la célébration de la Passion du Seigneur du Vendredi saint, avec distribution d'hosties consacrées le jour d'avant. Symboliquement, pour les catholiques, la veillée pascale et son cierge traduisent la résurrection du Christ, le renouvellement solennel de l'engagement de leur baptême par l'ensemble des chrétiens.

Ainsi, le carême est terminé et l'accent est mis sur l'innocence retrouvée et sur la valeur de l'initiation chrétienne. Lorsque le jour est levé, s'ensuit alors l'office suivant : la messe de la Résurrection. Le Christ, aussi appelé le Rédempteur, a vaincu pour les mortels le péché, le démon et la mort même. Jésus-Christ s'est donc fait l'agneau de Dieu, l'Agnus Dei, sacrifié lors de la crucifixion, et qui enlève les péchés du monde par sa mort et sa résurrection. Cette messe de Pâques a donc une symbolique qui exprime ainsi l'apex de toute l'année liturgique des catholiques, car elle leur rappelle leurs devoirs de chrétiens grâce à ce renouveau spirituel. Pâques est aussi l'une des rares occasions pour le Pape de prononcer la célèbre bénédiction urbi et orbi. Enfin, ce dimanche vient clore le triduum pascal et commence le temps pascal.

En Belgique, en France et en Italie, les cloches sont rendues silencieuses lors du Jeudi saint pour éviter qu'elles ne sonnent pendant les deux jours suivants. Durant le carême, on omet de chanter le Gloire à Dieu, en signe de pénitence. Alors, quand arrive la vigile pascale, on fait sonner les cloches pour manifester la joie qu'on a de sortir de la pénitence pendant qu'on le chante.

Aux Philippines, au matin de Pâques (appelé localement Pasko ng Muling Pagkabuhay ou les Pâques de la Résurrection), la célébration est marquée par des actes de joie. À l'aube, Salubong, le premier d'entre eux, fait mettre ensemble de grandes statues de Jésus et Marie illustrant la première réunion de Jésus et de sa mère Marie après la résurrection. Peu de temps après, la messe de Pâques commence dans l'allégresse.

Au Tyrol, l'effigie du Christ ressuscité apparaît par un procédé théâtral au centre du décor baroque des Ostergräber.

Églises orthodoxes et orientales

La fête de Pâques est célébrée avec beaucoup de solennité par les chrétiens orthodoxes. Bien que certaines Églises orthodoxes divergent selon le calendrier de référence (grégorien ou julien), la date de Pâques est cependant commune à toutes les Églises orthodoxes (à l'exception de l’Église autonome de Finlande) parce qu'elle est partout fixée à partir du calendrier julien, quel que soit le calendrier liturgique suivi.

Dans le calendrier grégorien, cela signifie qu'elle est fêtée entre le et le au plus tard.

Procession de Pâques dans le nord de la Russie (1887), Illarion Prianichnikov.

Le tropaire apolytikion de la Fête des Fêtes, « Le Christ est ressuscité des morts, par la mort, il a terrassé la mort ; à ceux qui sont dans les tombeaux il a fait don de la vie » est repris plusieurs dizaines de fois au cours de chaque office.

Le premier office de Pâques est celui des matines du dimanche. Il débute dans l'obscurité la plus totale, avant que le célébrant ne sorte par les portes saintes avec un cierge allumé, disant « Venez prendre la lumière à la Lumière sans soir, et glorifiez le Christ ressuscité des morts ». De retour dans le sanctuaire, il entonne avec le clergé l'hymne « Ta Résurrection, ô Christ Sauveur, les anges la chantent dans les cieux ; accorde aussi à nous, sur terre, de Te glorifier avec un cœur pur ». Puis le clergé sort en procession, suivi de tous les fidèles, et continue de chanter l'hymne en tournant trois fois autour de l'église. Une fois revenu devant les portes, le célébrant chante la doxologie initiale, et lit l'évangile de la Résurrection selon saint Marc (Marc 16, 1-8). Puis il entonne les versets des stichères de Pâques, à quoi le chœur répond par le tropaire. Suit l'échange qui servira, toute la période de Pâques, de salutation : « Christ est ressuscité » à quoi l'on répond « En vérité, il est ressuscité ».

En Grèce, le prêtre dit ensuite par trois fois devant la porte : « Levez vos portes, princes ; levez-vous, portes éternelles, et le Roi de gloire entrera », à quoi des fidèles restés dans l'église répondent « Qui est ce Roi de Gloire ? » Le prêtre reprend : « Le Seigneur puissant et redoutable, le Seigneur redoutable au combat. » A la troisième fois, il ajoute à voix forte : « Le Seigneur des puissances, c'est lui le Roi de gloire ! » en poussant la porte ; et il entre. A l'intérieur de l'église, les portes du sanctuaire sont ouvertes (voire sorties de leurs gonds), et le restent jusqu'au dimanche suivant.

L'office de matines est composé essentiellement du canon de Pâques, rédigé par saint Jean Damascène, auquel s'ajoute les ipakoï, ikos et kondakion de l'office, ainsi que l'hymne «  Ayant contemplé la Résurrection du Christ » chantée trois fois. Il est de coutume, en Russie, que les prêtres qui sortent encenser l'église à chaque ode du canon portent des vêtements de couleurs à chaque fois différentes. L'encensement se fait en clamant « Christ est ressuscité », avec la réponse habituelle.

Après les matines ont lieu les heures de Pâques, intégralement chantées, puis la liturgie de saint Jean Chrysostome. L'évangile, dans la tradition slave, est proclamé dans autant de langues qu'il est possible de le faire avec le clergé en présence. Traditionnellement, suivent des agapes de rupture du Carême, qui peuvent durer toute la nuit.

L'après-midi qui suit, on célèbre les vêpres de Pâques (au cours desquelles l'évangile est récité dans toutes les langues selon la tradition grecque), qui sont celles du lundi. Cela fait du dimanche de Pâques le seul jour qui ne possède pas de vêpres, mais seulement un office de matines, le seul jour « sans soir » de l'année liturgique.

Toute la semaine qui suit (appelée Semaine Lumineuse) on continue de ne rien lire et de tout chanter, et de chanter les hymnes du cycle entier de la résurrection. On chante le tropaire de Pâques jusqu'au mercredi qui précède l'Ascension. Pendant la première semaine, il n'y a aucune restriction de nourriture ; puis, jusqu'à la Pentecôte, on retrouve le jeûne des mercredis et vendredis, allégé d'un cran : huile et vin y sont autorisés. Le Samedi Lumineux, on célèbre la dernière liturgie pascale, et l'on partage entre les paroissiens l'artos, un gâteau de pain qui a été cuit le samedi précédent.

Date de Pâques

Calcul de la date de Pâques

Le jour de Pâques est un dimanche situé à des dates variables du calendrier grégorien comprises entre le 22 mars et le 25 avril. Des dates de jours fériés et de fêtes dépendent de ce jour de Pâques, comme le lundi de Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, le lundi de Pentecôte.

À titre d'exemple, les dates contemporaines de Pâques sont les dimanches :

  • 4 avril 2021,
  • 17 avril 2022.

Ces dates sont celles du calendrier grégorien, qui suit le mouvement du Soleil et les saisons.

Le calendrier hébreu étant lunisolaire, tous les mois commencent à la nouvelle lune ; le 14 du mois de nissan correspond donc en général à la pleine lune à quelques jours près (c'est-à-dire le quatorzième après la nouvelle lune visible depuis Jérusalem la plus proche de l'équinoxe. Voir ci-après les détails sur la définition du concile de Nicée). L'année du calendrier juif compte 12 ou 13 mois lunaires ; pour que nissan reste le premier mois du printemps, l'intercalation d'un mois complémentaire était décidée par le Sanhédrin quand c'était nécessaire pour respecter le rythme des saisons[19]. Après le Ier concile de Nicée en 325, il fut décidé que le calcul de la date de Pâques se ferait selon une règle fixe[20]. Ainsi, « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le ou immédiatement après », donc le dimanche après la première pleine lune advenant pendant ou après l'équinoxe de printemps. Un problème, apparu plus tard, est la différence des pratiques entre les églises occidentales et les églises orthodoxes. Les premières adoptent en 1582 le calendrier grégorien pour calculer la date de Pâques, alors que les autres continuent à utiliser le calendrier julien originel. Le Conseil œcuménique des Églises proposa une réforme de la méthode de détermination de la date de Pâques lors d'un sommet à Alep (Syrie), en 1997. Cette réforme aurait permis d'éliminer les différences de dates entre églises occidentales et orientales[21] ; elle devait entrer en application en 2001, mais elle échoua.

Le calcul de la date de Pâques, connu sous le nom de comput, se fonde sur des tables traditionnelles, mais aussi sur des algorithmes mathématiques. La première méthode développée par Carl Friedrich Gauss présentait quelques erreurs : en 1954 (la formule donnait le au lieu du ) et en 1981 (le au lieu du ).

Certains groupes religieux choisissent de pratiquer cette cérémonie en concordance avec la Pâque juive, c'est-à-dire le jour de la Pâque quartodécimaine pour l'Église de Dieu (Septième Jour) et certains baptistes du Septième Jour [réf. nécessaire], ou le jour du Mémorial pour les Témoins de Jéhovah[22].

Jours fériés

La résurrection du Christ, Sainte Barbe, Sainte Catherine, triptyque de Lucas Cranach l'Ancien.

Le dimanche de Pâques, comme tous les dimanches, est reconnu comme jour férié par tous les pays de tradition chrétienne. Le lundi de Pâques est également férié dans certains pays, comme la France (depuis la loi du ) mais pas aux États-Unis, en Équateur, dans certaines communautés autonomes d'Espagne, au Mexique et en Argentine, ni au Portugal où le lundi est travaillé au moins dans certaines régions.

Le Vendredi saint est aussi férié dans de nombreux pays : Brésil, Équateur, Mexique, Argentine, Cameroun, Allemagne, Norvège, Royaume-Uni, certains cantons de Suisse, Canada, certains États des États-Unis, certaines régions d'Espagne, etc. Dans les départements français de l'Alsace, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Moselle, ainsi qu'en Polynésie française, le vendredi saint, qui précède le dimanche de Pâques, est également férié[23].

Fêtes et traditions populaires

Souvenir d’Azov, œuf de Fabergé, créé pour le tsar de Russie.

L’œuf est le symbole de la germination qui se produit au début du printemps. En France et surtout au Québec, certains mythes populaires parlent de la cueillette de l'eau de Pâques. En Allemagne, en Suisse, en Autriche, en France dans la région d'Alsace et le département de la Moselle ainsi qu'en Martinique, Guyane, Guadeloupe et à La Réunion, le lundi de Pâques s'accompagne d'un autre jour férié : le Vendredi saint. Pâques ressemble à Noël et il n'est pas rare que les gens s'offrent des cadeaux entre eux à cette occasion.

En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l'occasion de partager un gigot d'agneau rôti accompagné de flageolets. En Alsace et dans certaines régions d'Allemagne, on confectionne un biscuit en forme d’agneau appelé Osterlammele ou Lamala. Cette tradition est attestée par le théologien catholique Thomas Murner en 1519 : le fiancé offrait un agneau pascal à sa promise. On l’offrait aussi aux enfants au retour de la messe du jour de Pâques. Après le temps du carême, ce biscuit riche en œufs permettait d’écouler le stock d’œufs accumulé avant Pâques et dont la consommation était déconseillée, en attente de Pâques. L’agneau était décoré d'un étendard aux couleurs du Vatican (jaune et blanc) ou de l’Alsace (rouge et blanc). Cette tradition, comme la plupart, a perdu son caractère confessionnel et s'est sécularisée.

En Guyane, on déguste traditionnellement le dimanche de Pâques le bouillon d'awara, un mets typique de la région fait avec la pâte du fruit de l'awara.

Dans les pays chrétiens, l’œuf de Pâques est le cadeau le plus distribué ; les œufs sont apportés par les cloches de Pâques. Depuis le Jeudi saint, les cloches des églises catholiques sont silencieuses, en signe de deuil. La tradition populaire pour les enfants dit qu'elles sont parties pour Rome, et elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu'elles sèment à leur passage.

Drapanka, œuf de Pâques de Pologne.

Comme pour Noël, les Alsaciens, les Allemands ainsi que les Suisses décorent leur maison à l’approche de la fête. Les œufs sont apportés par le lapin de Pâques (Osterhase, « lièvre de Pâques »))[24]. Les Américains espèrent que l’Easter Bunny leur apportera des lapins en chocolat et des sucreries dans un panier tressé.

Pendant toute la semaine, les chrétiens orthodoxes se saluent par l’exclamation « Christ est ressuscité ! » à laquelle on répond : « Il est vraiment ressuscité ! » Par exemple, en grec « Χριστός Ανέστη! » - « Αληθώς Ανέστη! », en roumain « Hristos a înviat! » - « Adevărat a înviat!, en russe « Христос воскресе! » - « Воистину воскресе! », en serbe, « Христос васкрсе » - « Ваистину васкрсе ». Ou encore, en arménien, « Քրիստոս հարեաւ ի մերելոց » (« Le Christ est ressuscité des morts »), phrase à laquelle on répond : « Օրհնեալ է յարութիւնն Քրիստոսի » (« Bénie soit la résurrection du Christ ! »)

En Hongrie, en Roumanie, en République tchèque et en Slovaquie, les jeunes filles colorent les œufs durs. Elles utilisent également de la cire qu'elles mettent autour de l'œuf. Une fois l'œuf coloré, la cire enlevée crée des motifs.

Œufs de Pâques ukrainiens.

Cette tradition peut s'expliquer par le fait qu'aux alentours de l'équinoxe, la durée d'ensoleillement permet aux poules des latitudes européennes de recommencer à pondre après une pause hivernale[25].

Puis au IVe siècle, l'Église ayant instauré l'interdiction de manger des œufs pendant le carême et les poules continuant à pondre, les œufs pondus depuis le début du carême — n'ayant pas été mangés — étaient alors décorés et offerts. De nos jours, le jeûne n'est plus prescrit aussi strictement mais la tradition d'offrir des œufs, y compris en chocolat, est restée.

Grammaire et orthographe

  • La Pâque, nom féminin singulier avec une majuscule, est la fête solennelle des juifs célébrée chaque année en mémoire de leur sortie d'Égypte, commémorant leur affranchissement de l'esclavage sous le règne pharaonique[27]. La pâque sans majuscule désigne par extension l'agneau pascal : on « mange la pâque »[28].
  • Pâques, nom pluriel avec une majuscule, est la fête solennelle célébrée chaque année en mémoire de la résurrection du Christ Jésus, qui s'est offert en sacrifice au moment de la Pâque juive[27]. Ce nom est féminin : on écrit ainsi avec un adjectif épithète « de joyeuses Pâques », « des Pâques pluvieuses » ; mais il est souvent employé au masculin avec le sens elliptique de « jour de Pâques »[28], par exemple dans les expressions : « la semaine de Pâques », « Pâques sera célébré le  en 2021»[29].
  • L'expression « faire Pâques » ou « faire ses pâques » signifie faire pénitence et communier au moins une fois l'an lors des commémorations pascales, généralement durant le carême et à Pâques[30] ou à un autre moment propice[27]. Paul VI a dit en audience : « La formule consacrée, populaire, « faire ses pâques » a précisément cette signification pratique, celle de rectifier le cours de notre vie en se référant à son orientation suprême, son orientation religieuse[31]. »

Musique

  • Henrich Schütz, Oratorio La Résurrection du Christ SWV 50 (1623)
  • Marc-Antoine Charpentier :
    • Messe pour le samedi de Pâques, pour solistes, choeur, et basse continue, H.8 (1690).
    • Chant joyeux du temps de Pâques, pour solistes, choeur, 2 dessus de violes, et basse continue, H.339 (1685).
    • O Filii à 3 voix pareilles, pour 3 voix, 2 flûtes, et basse continue, H.312 (1670).
    • Pour Pâques, à 2 voix, 2 flûtes, et basse continue, H.308 (1670).
    • O Filii pour les voix, violons, flûtes et orgue, pour solistes, choeur, flûtes, cordes, et basse continue, H.356 (1685 ?)
  • Louis-Nicolas Clérambault : Motet pour le Saint jour de Pâques, en fa majeur, opus 73
  • André Campra : Au Christ triomphant, cantate pour la fête de Pâques
  • Dietrich Buxtehude : Cantates BuxWv 62 & BuxWv 15
  • Carl Heinrich Graun : Oratorio de Pâques
  • Henrich Biber : Missa Christi resurgentis (1673 - 4)
  • Michael Praetorius : Messe de Pâques
  • Georg Philipp Teleman, plus de 100 cantates pour le temps de Pâques, dont :
    • Cantate de Pâques pour chœur, 2 hautbois, 2 violons, alto, violoncelle & continuo, TWV 1: 873.
    • Cantate de Pâques pour chœur, 2 trompettes, timbales, 2 violons, alto, violoncelle, & continuo TWV 1: 284
    • Missa brevis sur le choral de Pâques pour chœur à 4 voix et basse continue TWV 9: 3 (1720).
  • Jean Sebastian Bach : Oratorio de Pâques, BWV 249.
  • Charles Gounod : Messe solennelle de Pâques (1883)
  • Nikolaï Rimski-Korsakov : La Grande Pâque russe, ouverture symphonique (1888).
  • Sergueï Vassilievitch Rachmaninov : Suite pour deux pianos n°1 - Pâques , op. 5, n° 4 (1893)
  • Jacques Nicolas Lemmens : Sonate n° 2 "O Filii", Sonate n° 3 "Pascale", pour orgue.

Notes et références

Notes

  1. a et b Pascha est, d'une part, le nominatif pluriel du neutre Pascha, -atis[7] et, d'autre part, le nominatif singulier du féminin Pascha, -ae[7].
  2. Cette dérivation reste discutée et, d'après le Dictionnaire historique de la langue française d'Alain Rey, serait erronée[6].

Références

  1. Cf. notamment le Catéchisme de l'Église catholique, 1169.
  2. Marc-André Miserez, « Les racines païennes de la fête de Pâques », SWI swissinfo.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mars 2017).
  3. a et b Florence Leroy, « Pâques, le jour du grand passage », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mars 2017).
  4. a b c et d « Pâque », dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  5. a b c d e et f Définitions lexicographiques et étymologiques de « pâque » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  6. a b c d e f g h et i Alain Rey (dir.), Marianne Tomi, Tristan Hordé et Chantal Tanet, Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Le Robert, hors coll., (réimpr. ), 4e éd. (1re éd. ), 1 vol., XIX-2614 p., 22 × 29 cm (ISBN 978-2-84902-646-5 et 978-2-84902-997-8, EAN 9782849026465, OCLC 757427895, notice BnF no FRBNF42302246, SUDOC 147764122, lire en ligne), s.v.Pâque, Pâques.
  7. a et b Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Paris, Hachette, hors coll., , 1re éd., 1 vol., 1702-XVIII p., ill., in-8o (26 cm) (OCLC 798807606, notice BnF no FRBNF32138560, SUDOC 125527209, lire en ligne), s.v.Pascha, p. 1122, col. 1.
  8. Exode 11 et 12
  9. Bible, Exode chapître 12.
  10. Bible, 1 Corinthiens 5:7,8
  11. « Pâque, Pâques », sur CNRTL.
  12. Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, Hachette, p. 48.
  13. « Pâque juive et Pâques chrétienne : un même calendrier ? » Article de Jean-Paul Michaud sur le site Interbible.
  14. Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, p. 236-238.
  15. Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate, éd. Atelier, 2007, pp. 286.
  16. Joseph L. Mangina, Reconciliation has eschatological force. Karl Barth: theologian of Christian witness, Aldershot, Ashgate, , 2004 (ISBN 978-0-7546-0458-7), p. 118.
  17. Karl Barth, Kirliche Dogmatik, vol. IV/3, p. 338-356.
  18. Otto Weber, Karl Barths Kirchliche Dogmatik. Ein einführender Bericht, Neukirchen-Vluyn, 1984, 10. Auflage, p. 301 (ISBN 3-7887-0467-5).
  19. La Bible indique que Pessah doit avoir lieu quand l'orge est bon à couper. Aussi le mois précédent nissan, Adar, était redoublé en Veadar en fonction du murissement des épis. Cf Jean Lefort, La saga des calendriers, Bibliothèque pour la science, , p. 93.
  20. Christian Bonnet/Bertrand Lançon, L'Empire romain de 192 à 325, Ophrys, 1998, p. 242.
  21. Site du Conseil Œcuménique des Églises.
  22. Bernard Blandre, Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Éditions Desclée de Brouwer, , p. 116-118.
  23. Stras.info.
  24. Article dans paysagesblog — « Les cloches de Pâques introuvables sur wikipedia.fr (24.4.2011) » comparant les traditions populaires de Pâques allemandes et franco-alsaciennes.
  25. « Histoire de l’œuf, ses caractéristiques et sa product », sur elevageamateur.wifeo.com (consulté le 4 avril 2017).
  26. « Quelques Fêtes traditionnelles en Lituanie », euro-info-tourisme.com (consulté le 12 avril 9).
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  28. a et b Article « Pâques » du dictionnaire Le Petit Robert 1, édition 2003.
  29. André Jouette, Dictionnaire d'orthographe et d'expression écrite, 6e éd. Paris, Le Robert, 1993.
  30. Académie française, Dictionnaire de l'Académie française, 8e éd. Paris, 1932.
  31. Paul VI, Audience Générale, 1979.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Odo Casel, La fête de Pâques dans l'Église des Pères (Lex orandi, 37), Paris, Cerf, 1963.
  • Jean Chelini, Le calendrier chrétien: cadre de notre identité culturelle, Paris, Picard, 2007.
  • Henriette Danet, Dieu dans le récit pascal, à partir du Triduum mortis de Hans Urs von Balthasar, Institut catholique de Paris, Joseph Doré, 1985 (3 vol.).
  • Arnaud Join-Lambert, « Quel sens pour les fêtes chrétiennes ? », dans Études no 4123, , p. 355-364.
  • Robert Le Gall, « Année liturgique et vie spirituelle », dans La Maison Dieu no 195, 1993, p. 197-210.
  • Thomas J. Talley, Les origines de l’année liturgique, Paris, Cerf, 1990 (Liturgie 1).
  • Guy Tilliette, p.s.s., Mystère pascal et sainteté chrétienne, Téqui, 1996.
  • « Le Mystère pascal », revue Communio, t. XXXV, 2010.
  • Balthasar, Jungel et le triduum mortis.

Articles connexes

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